C’est toujours l’émoi qui prédomine au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop 72 heures après le suicide de Cheikh. Pour des raisons non encore élucidées, le boutiquier, que bon nombre d’étudiants appréciaient pour sa sympathie et sa sociabilité, s’est donné la mort dans son échoppe à l’aide d’un couteau.
« Une triste nouvelle » qui touche tout le campus social de l’UCAD
Au campus social de l’Ucad, on tarde encore à se remettre du terrible suicide du boutiquier nommé Cheikh jeudi soir. Un calme inhabituel règne dans les environs immédiats du lieu où s’est produit l’effroyable fait. En effet jeudi, vers les coups de 22 heures, le très apprécié des étudiants a préféré se donner la mort dans sa boutique, dans des conditions non encore élucidées. D’après certains témoignages, Cheikh est passé à l’acte qui lui sera fatal juste après avoir reçu un coup de téléphone. Beaucoup pensent que le contenu de la conversation qu’il a reçue juste avant n’est pas étranger à son acte. C’est peu après son évacuation qu’il a rendu l’âme. Mais le mystère reste encore total, même dans son entourage immédiat. « Je suis totalement meurtri par cette triste nouvelle. J’ai su ce qui s’est passé en rentrant hier de mon jogging quotidien, et ma surprise fut grande lorsque j’ai vu une foule impressionnante devant nos deux boutiques », témoigne O.B son voisin de palier. « C’est par la suite qu’on m’a appris que mon voisin Cheikh venait de se donner la mort juste après avoir reçu ou émis un appel téléphonique » poursuit-t-il. L’ayant connu très sympathique et convivial, Babacar Sakho, pensionnaire du pavillon I regrette que ce boutiquier qu’il a connu dès les premiers de la rentrée, ait opté d’écourter sa vie. « Quand on est commerçant ici au campus on est forcément connu de beaucoup de gens, ce qui explique l’ampleur de cette terrible nouvelle » conclut-il.
Le mystère sur les raisons de ce suicide
Au pavillon M où il comptait une clientèle non négligeable qui fréquentait en permanence sa boutique, c’est toujours l’incompréhension de l’acte. On continue de se poser la question de savoir ce qui a bien pu conduire « Kheuch », comme l’appelait affectueusement certains étudiants, à se suicider. « Je connais Cheikh depuis que je suis devenu bachelier. J’ai l’habitude de fréquenter sa boutique les soirs après le diner le temps de boire un gobelet de café. Je n’arrive toujours pas à croire qu’il s’est réellement…voilà », témoigne avec émotion Amadou Sylla. « La devanture de sa boutique était toujours un lieu d’intenses discussions même avec nos camarades étudiants maghrébins. A ses fidèles clients il n’hésitait pas à accorder du crédit jusqu’à ce qu’ils perçoivent leur bourse à la fin du mois, mieux il acceptait de satisfaire nos besoins contre des tickets de restaurant » se rappelle Ibrahima Diop, étudiant à la Faculté des Sciences juridiques et politiques.
D’après des témoignages, Cheikh était un fervent mouride. Son poste radio était en permanence calé sur la fréquence de Lamp Fall fm pour écouter les sermons et les khassaîdes du fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba. Une enquête est déjà ouverte par la police du Point E pour déterminer les vrais motifs de ce suicide.
Mamadou Alpha Sané pour Avenue221

