Les rues du Sénégal, des urinoirs à ciel ouvert
Au Sénégal, uriner dans la rue publique est une chose presque banale. Une tare qui a tendance à s’imposer chez nous comme une maladie congénitale. Dont nous avons du mal à nous guérir.
On ne le dira jamais assez, le Sénégal est le pays de la ‘’téranga’’ (l’hospitalité), mais le revers de la médaille, c’est les mauvaises habitudes qui persistent et qui durent. Comme une tâche noire dans une belle chemise blanche. Dakar n’offre plus le visage radieux qu’on lui prête souvent.
De Dakar à Matam, de Ziguinchor à Diourbel, le constat est le même : les Sénégalais prennent un malin plaisir à uriner allègrement dans la rue publique. Sans se soucier de la salubrité publique. Qui doit être une affaire personnelle d’abord, avant d’être une affaire publique. Des murs entiers ou des bâtiments complètement délabrés sont transformés en urinoir. Au vu et au su de tout le monde. Sans que cela ne scandalise personne.
La faute à l’Etat ?
Certes dans ce constat amer les responsabilités sont partagées. L’Etat comme les citoyens sont fautifs. L’Etat parce qu’il n’a pas mis les structures adéquates pour permettre aux usagers de se soulager en toute discrétion. Les citoyens, eux, toujours à la recherche de la solution facile utilisent la rue pour accomplir leurs besoins. Prétextant qu’on ne leur a pas mis en place les infrastructures nécessaires pour se soulager.
Mais cela ne doit pas être une excuse de principe pour se cramponner dans les mauvaises habitudes. L’Etat ne nous sauvera pas de nos mauvaises habitudes. Ce qui est sûr et certain, c’est que même si l’Etat du Sénégal mettait à chaque coin de rue des urinoirs flambants neufs, il se trouverait des allergiques à toute forme de respect aux normes de l’environnement.
Comme la répétition est une vertu pédagogique, gardons nous, tout un chacun y compris moi-même de ne plus se soulager dans la rue publique, sous le seul prétexte qu’il ne se fait pas du tort à lui même. Et à faire de cette pratique une vertu, un slogan. Car ce qui nous distingue des animaux, c’est notre capacité à faire usage de notre esprit.
Joffrin Keita pour Avenue221


