La masse estudiantine, dans sa globalité, représente un pourcentage important de la jeunesse sénégalaise. Ainsi, la majorité des étudiants, dans leur vie de couple, s’adonnent régulièrement aux rapports sexuels. De ce fait, pour éviter de contracter les maladies sexuellement transmissibles, comme le SIDA et pour ne pas courir le risque d’engrosser leurs conjointes, ces derniers, utilisent le préservatif comme moyen contraceptif. Néanmoins, d’autres moins vigilants font l’amour, sans se protéger, tout en étant conscients des problèmes et des complications qui peuvent advenir de leur imprudence.
Les Sénégalais n’ont toujours pas acquis l’aisance de parler sans gène de sexualité au sein de la société. Etant un pays dont la population est très ancrée aux valeurs morales, le mot « préservatif » ou l’expression « rapports sexuels » peuvent choquer dès leur prononciation.
Le port de préservatif ….difficile de se prononcer!!!
Ainsi dans les différentes universités visitées, il n’y a eu qu’une seule fille qui ait accepté de se confier et c’est d’une manière catégorique qu’elle déclara : « le port du préservatif est obligatoire dans mes relations, je n’en porte pas mais lui le met ».
Toujours, dans son explication, F.S murmure mielleusement, qu’avec son homme, même lors des flirts, elle lui exige de porter le préservatif, parce qu’elle ne veut prendre aucun risque. Quand aux autres étudiantes, elles se cachent avec méfiance derrière un : « Je ne dévoile pas mes secrets, c’est intime » ou plus fréquemment elles lancent des: « Je suis vierge, je ne fais pas l’amour ».
L’approche, fut beaucoup plus facile, avec la gent masculine, qui a dépassé ce tabou, ils ont sans complexe ni retenu, parlé de leurs rapports sexuels et de la manière dont ils s’y prennent avec les préservatifs. Cela a permis, de relever un grand nombre d’étudiants qui n’imaginent pas coucher avec leurs copines sans protection. Ces derniers, conscients de la propagation des I.S.T, du V.I.H SIDA et des ravages qu’ils font dans le monde, ne veulent pas gâcher leur vie, juste pour se donner plaisir ou pour satisfaire leur libido. C’est l’avis de D.S qui martèle de manière énergétique qu’il n’est pas intellectuel pour rien et pour argumenter son point de vue il lance : « Je ne fais jamais l’amour sans préservatifs », concrétisant ses mots, il sort un paquet de capotes de sa sacoche en s’esclaffant : « J’ai toujours un de ces paquets dans ma sacoche, ainsi quelque soit le moment je ne serai pas surpris ». Plusieurs de ces étudiants, adoptent la même attitude, en se munissant de cette protection, qu’ils considèrent comme un élément nécessaire et indispensable à leur vie de jeunes.
Si cette philosophie est propre à la majorité de la cible, d’aucuns ne résonnent pas parallèlement et préfèrent les relations sexuels, sans préservatifs. Pourquoi une telle exposition ? Parce que selon eux, durant ces moments, ils ont besoin de sentir, celle avec qui ils les partagent et avec le condom, qui sont du plastique, ils ne sentent pas le plaisir et les sensations qui fusent de cet échange amoureux. Ils affirment connaître et être conscients des risques qu’ils prennent, mais comme l’a murmuré A.M : « Dès fois, l’excitation est si grande qu’on n’a même pas le temps d’en porter ».
Ainsi, avec ces derniers, la primauté du désir charnel est mis en exergue, aux dépends de leur santé et de leur avenir. Ne pouvons-nous pas parler dans ce cas d’immaturité? Parce qu’il est important de noter que si beaucoup de jeunes, vivent avec le sida et si certaines filles, voient leurs études stagner et leur avenir se perturber, c’est parce qu’ils ont laissé, leur désir et leur impulsion chevaucher leur esprit. Ainsi, on peut bien se demander si pour satisfaire, une pulsion sexuelle ou un plaisir de quelques minutes, on a le droit de faire basculer tout une vie ?
Marie-Louise Ndiaye pour Avenue221-Sénégal
crédit photo : Flickr-Nowthentravel


