Plus de 170 interpellés, 7 maîtres coraniques déferrés.
Le gouvernement sénégalais a à l’occasion de son conseil interministériel du Mardi 25 Août passé, décidé de mener une lutte contre la traite des personnes. Ceci, à la suite selon ministre Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, d’une menace des partenaires et des Etats-unis. Qui les accusent de ne pas être engagé dans cette entreprise. C’est ainsi que le Pm a donné le feu vert aux agent de sécurité, de nettoyer la ville de ses différents mendiants. Ainsi, la première opération du week-end permis aux policiers de dépêcher plus de 170 mendiants. Ce qui montre que l’Etat ne badine pas sur ce combat.
La police sénégalaise est à la trousse des mendiants. En effet, dans sa descente durant le week-end, elle a dépêché 175 mendiants dont 107 hommes et 68 femmes. Parmi eux on dénombre 3 bissau-guinéens, 34 maliens, 2 Gambiens, 1 camerounais et 5 Guinéens, renseigne l’Observateur du 31 Août 2010. Dans ce lot se trouve 7sept maîtres coraniques qui son déferrés au parquet parce qu’ils sont accusés d’incitation à la mendicité. Et ces derniers seront fixés sur leur sort une fois jugés. Quand à leurs talibés, ils sont pour le moment sous la coupole du centre d’accueil Ginddi. S’agissant des étrangers, ils connaîtront leur sort une fois que les représentants diplomatiques seront contactés. La police a gardé les sénégalais durant deux jours et les a libéré. Selon une source sure, une mise en demeure leur ait appliquée. Et s’ils sont repris entrain de mendier ils seront tout bonnement emprisonnés. Pour rappel, cette opération débouche de la décision du Premier ministre et son gouvernement de lutter contre la traite des personnes. Une décision qui a été prise après une menace des Etats-unis et des partenaires de fermer les robinets. Car selon eux, le Sénégal n’est pas engagé dans la lutte contre la traite des personnes. Pour ne pas perdre les subventions qui viennent des partenaires, le Pm a donné le feu vert aux hommes de loi, de nettoyer la capitale des « encombrements humains ». La première opération qui est menée selon une source sure menée par des spécialistes de la traite de personnes a été rentable. Et la récolte a été fructueuse pour les hommes en bleu.
Une rafle sans discrimination
On peut bien dire que la pêche des agents de la police a été très diversifiée. Parce que dans la capture, il y’a des handicapés, des aveugles, des femmes avec des jumeaux, des talibés… « Une dame est parmi les emprisonnés, avec ses trois jumeaux » nous renseigne une des femmes trouvées devant la police centrale de Dakar. Elles sont, en cette journée du lundi 30 Août, nombreuses à attendre leurs maris, fils, sœurs ou frères. Tous pris dans lors de la tournée de la police qui est passée par différentes zones ciblées. Et ces dames tourmentées, ont toutes reconnu qu’elles étaient au courant de la mesure prise par l’Etat d’interdire la mendicité mais, ne croyaient pas que l’Etat allait l’appliquer. Mais si les mendiants étaient informés des pertes dont le pays pourrait enregistrer, si jamais la cravache des partenaires s’abattait sur le Sénégal, ils n’allaient pas prendre le risque de s’aventurer en ville. Car les autorités ne pouvaient pas risquer une sanction. En effet hormis l’aide humanitaire et celle commerciale, le pays de la Terranga n’aura aucune autre subvention. Ce qui pourrait freiner l’économie de notre pays.
La mendicité constituait un fond de commerce pour certains
Nombreux sont ceux qui ont fait de la mendicité un business. Parmi ceux qui avaient l’habitude de tendre la manche, la plupart y trouvait leur compte. Et ils pouvaient amasser environ 5000Fca par jour. Ce qu’un travail quelconque ne peut les rapporter. La majorité des handicapés qui mendient sont selon l’écrivain de bandes dessinées A.Cissé formés à la couture, coiffure, teinture, photographie entre autres. Mais c’est avec la mendicité que leur économie s’arrondit. C’est pourquoi selon elle, ils sillonnent la ville. D’autres ne sont ni handicapés ni aveugles. Ce sont des femmes qui n’ont absolument aucun handicap. Divorcées ou bourrées de dettes, elles fuient leur ville ou village natale pour faire la manche. Elles passent leurs nuits dans les rues de Dakar. Ce qui provoque une forme de prostitution déguisée. On ne peut ne pas citer les baye fall. Qui avec leurs calebasses agressent dès fois juste pour demander l’aumône. Et ils prennent le « hadiya » comme alibi.
Ainsi pour ne pas être à l’image du Kenya, où les gens agressent en faisant la manche, les autorités se sont engagées à ratisser la ville et à la désencombrant de « ses déchets humains » comme le dit Moure Ndiaye dans la grève des Bàttu de Aminata Sow Fall. Toutefois il est à craindre que le Sénégal ne pourrait vivre un scénario pareil si l’Etat ne trouve pas des mesures d’accompagnement. Afin de trouver du travail aux mendiants qu’il a chassé des rues. Parce que sa décision a été jugé d’hâtive par d’aucuns. Donc aux dirigeant de retrousser les manches et de mettre sur place des stratégies afin d’éviter de se tordre le coup. Avec une chute identique à celle de Moure Ndiaye.
Marie-Louise Ndiaye pour Avenue221
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Que nos dirigeants africains arrêtent de traquer les démunis et les mendiants. Ils doivent penser à trouver une alternative à la mendicité ! La répression n’est pas la solution.
Bonsoir et bon courage.
Je lis cet article avec interêt.
Puis-je avoir la permission de le republier sur mon site et de le traduire en bambare?
Merci.
Merci de nous demander la permission car certain nous reprennent sans le faire. Si tu veux reprendre un article ou le traduire je te prie de contacter le Président d’Avenue Afrique à l’adresse suivante : avenue225@ymail.com pour lui soumettre ta demande.
Merci
Coucou Fasokan, Tu peux bien sur republier cet article sur ton blog et le traduire tant que l’auteur et Avenue 221 sont cités comme auteur. Nous espérons que tout va bien pour toi au Mali. Amitiés, Aude
La mendicité est hideuse dans la version que les grandes villes comme Dakar nous offrent. Seulement, il ne faut pas oublier de la replacer dans ce pourquoi elle est apparue dans nos contrées. En réalité, c’est dans sa vertu éducative que se trouve l’essence de la pratique. Elle forme la personnalité de l’individu en la mettant aux prises avec la réalité. De ce fait, elle développe des mécanismes de solidarité. Des individus riches et leur progéniture ont été mendiants.
Seulement, avec la crise que nos pays du sud connaissent, la mendicité s’est développée pour faire apparaître une forme de traite des enfants. En effet, c’est une réelle forme d’entrepreneuriat que de mendier. Mais en défaveur d’enfants exploités. C’est pourquoi, la mesure de l’Etat est salutaire dans le fond. Elle met le doigt sur une problématique ambiante dont tout le monde est témoin mais personne ne dit rien. Elle permettra de mieux restructurer le « secteur » et d’organiser la solidarité qui existe autour.
Malheureusement, l’Etat a pêché dans son application. Il s’est précipité alors que cette mesure implique un réel dialogue social. Pourquoi pas des Etats généraux? Parce que dans le fond, ce sont les sénégalais eux-même qui développent la mendicité. Dans le campus social de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis par exemple, il y’a tout un réseau qui s’est développé. Des familles entières viennent tendre la main au sortir des cantines universitaires pour quémander du pain voire autre chose. Les étudiants fustigent cette attitude mais de l’autre côté continuent de distribuer le pain à ces mêmes personnes. Et des études effectuées par des étudiants montrent une incidence terrible de l’université dans les résultats scolaires par exemple. D’ailleurs, j’écrirai quelque chose là-dessus dès que possible à poster sur le site. See you soon