
Dakar a été, ce 18 août, le théâtre d’une pluie torrentielle spectaculaire avec une violence qui rappelle le courroux de Poséidon* dans la mythologie grecque. Des tonnerres et éclairs qui déchirent l’atmosphère ont accompagné l’énorme quantité d’eau qui s’est abattue sur la capitale sénégalaise. Selon un bulletin météo diffusé à la télébidon, pardon, télévision nationale (RTS1), les résultats suivants ont été enregistrés: 65mm de pluie à Bel Air, 55mm à Yoff et 45mm dans la banlieue. Suffisant pour littéralement défigurer Dakar et entrainer des dégâts en banlieue.
Le campus de l’Ucad a beaucoup subi le dictat des eaux. Comme à l’accoutumée, après cette forte pluie, le stade et plusieurs recoins de la cité universitaire ont été remplis et servent, aujourd’hui, de refuge aux crapauds qui nous crèvent le tympan, la nuit, avec des cris aussi agaçants qu’une guitare de fou.
Se déplacer dans Dakar était un parcours de combattant. Déjà en temps normal c’est difficile, à fortiori quand toute la ville patauge dans l’eau. Les véhicules étaient obligés de faire mille détours pour contourner les artères qui étaient inondés. Le tunnel de Soumbédioune était transformé en mare. Sur la route de Yarakh, un arbre qui a été déraciné par les vents violents a, plus ou moins, obstrué la voie un bon moment. Beaucoup de chauffeurs de taxis refusaient de circuler au risque de voir leurs voitures subir des désagréments mécaniques. Il fallait des heures de route pour rallier la banlieue.
Et en banlieue justement, le problème des inondations se pose, actuellement, avec acuité. De Guédiawaye à Keur Massar, en passant par Pikine, Thiaroye, Diamagueune… les populations souffrent déjà le martyre. A Keur Massar, certaines maisons sont remplies d’eau jusque dans les chambres à coucher alors que l’hivernage ne fait que débuter. Le scénario cauchemardesque de l’année dernière va, incontestablement, se reproduire cette année. On se le rappelle encore, les habitants de cette localité étaient comme victimes d’un châtiment divin. Les sinistrés les plus chanceux étaient abandonnés à eux-mêmes sous des tentes, sans électricité et dans des conditions précaires. Les autres n’avaient de choix que de vivoter sous les eaux. Heureusement que les travaux de construction du réseau de canalisation sont, aujourd’hui, en phase de finition. Ce réseau devrait permettre, dans les normes, d’évacuer les eaux de pluie vers la mer.
Mais nombreux sont les sénégalais qui se posent des questions : Pourquoi les responsables des communes d’Arrondissement disent toujours que la gestion des inondations est du ressort exclusif de l’Etat et ne font pratiquement rien pour leurs localités? Et, surtout, quand les pouvoirs publics tiendront-ils leur promesse, réitérée à chaque inondation, de corriger les manquements en matière d’infrastructures?
Arouna BA pour Avenue221
*Poséidon était le dieu de la mer dans la mythologie grecque
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