Bourses au futur à l’UCAD

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Foule étudiante aux guichets pour retirer la bourse mensuelle

En attendant de passer à l’électronique…

2009 devait voir l’Université Cheikh Anta Diop entrer dans une ère nouvelle. Cela aurait signifié concrètement que chaque étudiant aurait eu son propre ordinateur, aurait pu se connecter à l’envie et, cerise sur le gâteau, les boursiers n’auraient plus eu à patienter pour percevoir leur bourse. Chacun disposant d’une carte de retrait au guichet automatique d’une banque garantissant le paiement en temps et en heure. Où en est-on?

Jeudi 04 mars, il est 11h09. Comme à chaque début de mois, l’esprit de tous les étudiants boursiers est tourné vers le guichet de paiement. Pas étonnant de voir tout un monde se bousculer à l’entrée principale du campus où, contrairement aux années précédentes, il faut montrer patte blanche avant d’entrer. « Votre carte d’étudiant s’il vous plaît! », voilà le refrain que chantonnent les vigiles toute la journée. La frontière franchie, je me rends au lieu privilégié de bon nombre d’étudiants : Le pavillon F, là où ils perçoivent mensuellement ce qu’ils appellent leur « dû ». Sous ce bâtiment de 4 étages, la construction laisse suinter de l’eau provenant des toilettes. Ménage et travaux quotidiens ne semblent  plus pouvoir  cacher la misère : la même peinture effritée depuis des années, la même humidité, les mêmes douches où l’air est à peine respirable. N’empêche, sous ce bâtiment, une marée humaine a fini de se former dès les premières heures de la matinée. Le tout dans un brouhaha indescriptible.

La priorité est ailleurs

A la question de savoir s’ils sont au courant que des cartes bancaires devraient être mises à leur disposition depuis quelques mois pour le retrait des bourses, la réponse est sans appel : « C’est sans doute un poisson de mars ! » s’exclament-ils avant d’éclater tous de rire. On est loin de me prendre au sérieux : « Il a des rêves un peu démesurés notre cher administrateur suprême », se plaît à dire l’un d’entre eux.

Même constat chez les filles. Sokhna étudiante en 3ème année de Lettres modernes n’a pas la langue dans sa poche : « On nous parlait du programme « un étudiant, un ordinateur », allez faire le tour des chambres et dîtes moi combien d’étudiants en disposent », avance-t-elle avant d’être coupée par une de ses camarades qui, pour ne rien arranger, laisse entendre que « la priorité est ailleurs. Qu’ils essayent d’octroyer une bourse à tous les étudiants d’abord. Beaucoup n’arrivent pas à s’assurer les trois repas quotidiens faute de moyens ». « L’UCAD est considérée comme une des références en Afrique mais Internet tarde à être disponible partout dans le campus », poursuit-elle.

Les étudiants restent partagés

Le retrait des bourses par carte bancaire ne semble pas enchanter les étudiants. Pourtant cela fait partie des vœux les plus ardents de l’administration de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une question se pose chez les étudiants : combien leur coûterait la carte et combien la banque leur soutirera à chaque retrait ? Pour les bénéficiaires d’une bourse de 18.000FCFA comme Abdourahmane, ce changement n’a aucune importance. «  A quoi sert de se rendre dans une banque pour juste retirer moins de 20.000FCFA ? Qu’on nous laisse avec notre ancien système et personne ne se plaindra », suggère-t-il.

Les autorités de l’université auront également à résoudre une autre équation, loin d’être la plus facile : le recasement des caissiers. L’arrivée des cartes est synonyme de disparition de leur boulot. Et ils sont une bonne centaine à livrer la paye aux étudiants tous les mois.

Mamadou Alpha Sané pour Avenue221

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